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Paillettes et cotillons. Le filtre du beau et du doux dans la PMA

Le Filtre du Beau et du doux 4

Deux extraits :

n°1: Marie parle avec Jo.

« Tu te souviens de ce filtre évoqué dans un de ces magazines débiles que tu lis ? L’article qui t’a conseillé d’appliquer un filtre du beau à la vie en te levant le matin ?

Le filtre pour voir, sous la pluie du mois de mars, les arbres qui grandissent ? Celui permettant d’entendre les oiseaux chanter par-dessus le grondement des moteurs de voiture que je double en vélo ? Celui que m’avait transmis Salah lorsque j’étais jeune ?

Oui, ton filtre du joyeux, du joli et de l’agréable. Si, à l’inverse, on n’arrête pas de nous asséner que le pays va mal, que la vie est moche ici, on finit par oublier le positif et par déprimer. Tu ne penses pas ? »

Voilà, pour ce que j’appelle « le filtre du beau et du doux ». Passons au second extrait :

n°2. Marie présentant le monde à son embryon, deux jours après un transfert.

« Elle lui parlait sans cesse, lui présentait le monde, partageant des miettes de quotidien pour qu’il aime la vie. Elle prenait son vélo et pédalait vite afin qu’il sente le vent souffler sur son visage et son cœur battre plus vite. C’était le printemps et, malgré la vitesse, elle avait noté les bourgeons sur les arbres, lourds de promesses, observant également les verts éclatants et le vermeil flamboyant des coquelicots. Elle lui avait murmuré l’automne et les rouges, ocres et jaunes des feuilles et avait évoqué l’hiver et les sculptures formées par les branches endormies. »

Pourquoi j’ai choisi ces deux extraits ? Parce que, pour ouvrir votre esprit et votre perspective, pour être flexible dans votre manière de percevoir le monde, pour mieux accepter le gris du ciel, le froid du vent, la douleur physique des traitements, la douleur psychique de ce bébé qui ne vient pas, vous pouvez pratiquer le filtre du beau et du doux. C’est-à-dire votre capacité à détecter et à accueillir la beauté.

Le filtre du beau, qu’est-ce c’est et comment je l’obtiens ?

Pour une fois, je ne commence pas par les bienfaits, mais par la pratique en elle-même. Alors, première question : Qu’est-ce qu’un moment beau ? Pour moi, c’est un moment qui ouvre le cœur. C’est un moment qui ne vous laisse pas insensible. D’ailleurs, l’expression est claire. In-sensible : dénuée de sens. Donc un moment qui vous touche. Et cela peut être mille petits détails, une fleur résistante alors que l’hiver arrive, une lumière qui joue sur votre bras, un sac plastique qui s’envole et qui danse avec le vent (souvenez-vous de cette scène dans American Beauty de Sam Mendes). Savoir utiliser le filtre du beau, ce n’est donc pas être passif et attendre de la vie qu’elle vous donne. C’est être responsable de sa vie, être en charge, prendre les commandes et crier à l’univers : « Je vais être heureuse ».

Attention, « le filtre du beau et du doux », ce n’est pas de la visualisation, car celle-ci est une création de toutes pièces. Ici, c’est bien le quotidien, votre vie, que vous observez à travers un filtre. Quant à l’ancrage, ce sont des images de votre passé que vous utilisez. (voir l’article : Pas une bouteille à la mer, une ancre multicolore dans ma tête ; les techniques de l’ancrage, dans la catégorie « Psy »).

Alors où trouver le beau ? Au départ, ou lorsque cela va vraiment mal, vous pouvez vous inspirer des autres. De belles citations, de belles paroles de chanson, d’un tableau ou d’une photographie superbe, ensuite, vous serez à même de détecter la beauté, seule, voire de la produire.

Prendre conscience de la beauté, c’est l’amener à la conscience. Et être présent. En présence. Au présent.

Pour cela, chaque sens se mobilise, se travaille et s’entretient, comme un muscle.

Alors comment fait-on concrètement ? Vous pouvez déjà vous entraîner avec un objet du quotidien. Par exemple, le fameux citron, souvent utilisé et sur lequel je reviens dans l’article sur la visualisation (Bibbidi-Bobbidi-Boo. Le pouvoir magique de la visualisation, dans la catégorie « Psy »).

Ainsi, même sans être mélomane, prenez le temps d’écouter un morceau de musique et cherchez à discerner les différents instruments. Une autre fois, vous pouvez vous exercer, à écouter ce même morceau, mais joué par un autre groupe. Parfois, c’est facile : en comparant la version de Nirvana de Smell like teens spirits chantée par Kurt Cobain, ou la reprise de Shaka Ponk avec les violons bouleversant des sœurs Bertholet, vous devriez y arriver. Bon, vous pouvez aussi choisir d’écouter le Boléro de Ravel par l’Orchestre National de France ou par le Philarmonique de Paris et essayez de détecter les différences, mais là, c’est plus compliqué.

Vous pouvez aussi vous entraîner à percevoir différents goûts dans un plat, rajoutez un peu de sel et goûtez de nouveau, un peu de poivre, de piment, etc. (je pense que vous avez compris). Ressentez la différence entre chaque bouchée (et dans ce cas, ça aide à moins manger !).

Pour les odeurs, sentez votre gel douche ! Avouez, pour le choisir dans l’immense rayon de parapharmacie, vous lui avez donné un discret coup de nez, une petite inspiration consciente ? Sauf qu’ensuite, vous prenez votre douche en oubliant de profiter de ce parfum. Par conséquent, accordez-vous quelques secondes pour en savourer l’odeur – et d’ailleurs saisissez l’occasion pour fermer les yeux et savourer l’écoulement de l’eau sur votre peau.

Bref, vous avez compris l’idée, je pense.

Attention, parfois c’est une impression fugace que vous trouvez belle, mais, avec de la pratique, vous saurez la saisir au vol. Et ces petits moments, si subtils, mis bout à bout, remplissent votre hotte à bonheur. L’important n’est pas l’intensité du moment, mais la régularité de votre pratique.

Donc pour résumer, ce qu’il convient faire c’est de dresser ses antennes pour repérer les belles choses. Dans la nature ou chez l’homme : dans un regard ou un geste, détectez la bonté, la joie, l’espoir, l’inspiration, le rire, l’amour bien sûr. Contemplez, admirez. Et plus vous entraînerez, plus vous en trouverez et ensuite, cela devient fluide. On voit la délicate plume perdue dans l’étendue d’herbe, le trou de bleu dans un ciel de nuages. On détecte la perle, l’exotique, dans ce trajet que l’on parcourt quotidiennement. D’ailleurs, l’autre jour, après une tempête (Alex, octobre 2020), sur mon vélo, j’ai pu saisir au vol l’odeur d’un sapin dont les branches avaient été arrachées par le vent. Alors, au lieu de râler sur les branches encombrant la piste cyclable et le réchauffement climatique qui accroît l’intensité des phénomènes météorologiques, j’ai souri en pensant aux arbres de Noël.

Dernière petite astuce : si vous le souhaitez, vous pouvez multiplier les effets de cet exercice en recopiant vos beaux moments, vos émotions positives. Personnellement, j’ai « mon carnet du beau » dans ma table de chevet et je note toujours au moins trois évènements avant de dormir. Avec deux effets positifs : tout d’abord, lorsque vous relisez vos « carnets du beau » cela vous permet de revivre les émotions positives qui y sont attachées. Ensuite, j’ai l’intime conviction que cela améliore la qualité du sommeil. Voici, déjà deux bienfaits à ce filtre. Voyons maintenant les autres.

Le filtre du beau : Quelle utilité ?

En prenant en note les belles choses, ce qui nous a fait du bien, on prépare notre cerveau (et notre corps) à accueillir la beauté et donc elle s’y invite plus souvent. Cela signifie que savoir utiliser le filtre du beau représente le prélude à quelque chose de plus coloré et de plus profond qui peut véritablement bouleverser votre vie, au-delà de l’issue de votre parcours de PMA.

Savoir utiliser ses cinq sens et le filtre du beau, c’est savoir, non pas que la chance va tourner, mais être en capacité de voir que la chance est déjà là. (Voir l’article La loi de l’attraction va m’apporter la sérénité et peut-être un bébé dans la catégorie « Psy »).

Par ailleurs, cela permet aussi de porter un regard bienveillant sur soi (voir l’article, Je m’aime, je me connais et je m’accepte comme je suis, dans la catégorie « Psy »). Car voir du beau dans notre monde, permet de voir du beau en soi également.

En outre, comme je le mentionne dans l’article sur les émotions, une émotion représente un cadeau qui permet de savoir ce qui nous fait sentir bien. (Les émotions : les délicats mouvements de mon âme à l’origine de ma réalité, dans la catégorie « Psy »). Si on reprend l’exemple de l’odeur du sapin sur ma route, cela m’a indiqué que j’avais envie : d’un temps en famille, d’un temps de calme et d’amour, d’un temps d’échange (et qu’on me fasse un cadeau !… mais bon, ça qui n’en a pas envie ?).

Il y a en plus une myriade d’effets « kiss cool » supplémentaires : tout d’abord, vous allez également accroître votre capacité à apprendre (ou de réapprendre) à vous distraire, c’est-à-dire à vous éloigner des problèmes. Regardez l’enfant et notre attitude à son égard. L’enfant est déçu parce qu’on ne va pas au parc, on accueille sa peine et sa déception, on la laisse l’exprimer et ensuite, on détourne son attention avec un livre, une poupée, un Lego, etc. (pas avec un dessin animé, hein ?) et le parc est oublié. Ici, c’est la même chose. Distraire signifie « Éloigner l’esprit de ce qui lui est nocif » (ce qui lui phagocyte le cerveau en l’obsédant), en regardant le beau, vous vous éloignez des questions harassantes qui tournent dans l’impasse de votre boîte crânienne (vais-je réussir à développer de beaux follicules, vais-je réussir à faire grandir un embryon en moi, vais-je devenir mère, etc.).

De plus, le filtre du beau permet de consolider vos relations avec les autres, puisqu’en eux aussi vous voyez le beau et donc votre capacité à l’empathie augmente. Par exemple, la secrétaire de PMA qui met des heures à vous répondre : elle n’est pas énervante, elle est submergée. Par conséquent, plutôt que de commencer la conversation avec un état d’esprit négatif, vous êtes dans la bienveillance et, même au téléphone, cette bienveillance se ressent et donc vous avez plus de chance d’être écoutée et d’avoir ce que vous voulez, car la secrétaire aura l’image d’un sourire en tête et, avec cette image, son propre esprit sera plus clair, et donc, elle trouvera plus facilement le petit trou entre deux RDV dans lequel elle peut vous glisser. CQFD.

Last but not the least, comme disait ma prof d’anglais, cette pratique renforce l’impression d’être présent et en harmonie avec la terre, l’univers, votre tête et votre cœur. D’être en équilibre. Vous développerez ainsi une qualité de présence. À vous-même et à la vie qui vous entoure. Peu à peu, vous allez vouloir passer davantage de temps hors de chez vous, à profiter du soleil, de la verdure, de vos amis, ou chez vous, à profiter de votre amoureux, de vos fourneaux et d’un bon bouquin (le mien, par exemple !). En outre, de manière générale, vous allez augmenter votre seuil de vigilance. Et donc de concentration. Ce qui est d’ailleurs très utile dans d’autres domaines, notamment dans le domaine professionnel, car cette capacité de concentration vous rend plus efficace.

Attention, cette pratique ne signifie pas que vous n’allez pas trouver des obstacles sur votre route, que vous n’allez pas vivre des déceptions, que votre prochain protocole va fonctionner, néanmoins, vous allez être plus confiante dans votre capacité à surmonter ces difficultés, car vous saurez, intimement, qu’il ne faut pas attendre le retour du soleil après la pluie, mais qu’il faut accueillir la pluie et y chercher de la beauté (d’ailleurs, le cycle même de la pluie, ce partage entre la terre et l’air, personnellement, je trouve ça assez beau). Ici, il convient de garder en tête qu’une émotion positive est cent fois plus puissante qu’une émotion négative. Elle peut donc chasser les angoisses et les tristesses. Les faits sont là, mais vous les vivez mieux.

Pour résumer, utiliser le filtre du beau et du doux n’est pas être délibérément rêveuse ou utopiste, c’est être réaliste. Dans le réel. Dans le quotidien et savoir y puiser le positif. Oui, il y a des étapes compliquées (l’attente, du bébé, la prise en charge, les examens, les résultats parfois décevants de ces examens, les traitements et leurs échecs, les deuils, etc.), mais on peut y faire face avec de bons outils et surtout lorsque l’on sait lire le beau. Car, même dans le deuil, les capacités utilisées vont continuer à alimenter votre hotte à belles choses. Et le miracle est là, dans les pleurs d’une journée de deuil, savoir se réchauffer aux regards d’amour et de compassion, savoir apprécier la beauté des fleurs devant un cercueil, l’éclat d’un rayon de soleil sur la terre d’un cimetière.

Voilà tout pour aujourd’hui! Si vous avez des questions, des commentaires, n’hésitez pas à me contacter.

 

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 si vous avez envie de lire un roman au sujet de la PMA, un roman « d’utilité publique » comme le dit une de mes lectrices, le tome 1  de la série Le vide de leurs entrailles est sorti. Il se nomme « Quand on n’a que l’amour ». Vous le trouverez là.

 

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